En marge de son match de préparation à Nîmes, nous avons pu rencontré Sara Yuceil, l'une des recrues estivale de l'Olympique de Marseille. Présentée comme un « coup de cœur » du staff olympien, nous avons voulu rencontré Sara qui arrive du Standard de Liège et prend déjà ses marques au sein du milieu de terrain marseillais.

Coeurs de Foot: Bonjour Sara

Sara Yuceil: Bonjour

CDF: Alors le public marseillais vous connaît maintenant un petit peu, le public français pas du tout. Alors peut-être si vous pouviez vous présentez en deux/trois mots, votre parcours...

S.Y: Oui. Pourquoi le public français ne me connaît pas ? Parce que j'ai joué en Belgique toute ma vie, toute ma carrière, depuis que j'ai cinq ans. J'ai joué dans un club de village qui s'appelle le Stade Brennois, et après j'ai transféré à Bruxelles, au White Star [ndlr : FCF White Star Woluwé] et puis à Leuven [OH Leuven (Louvain)], que vous ne connaissez sûrement pas et puis j'étais au Standard de Liège pendant deux ans. Et là, ça m'a permis d'accéder à l'équipe nationale belge, ça a un peu ouvert la porte pour moi et c'était super, deux saisons superbes et voilà...

CDF: Il faut préciser que le Standard de Liège est la meilleure équipe en Belgique actuellement...

S.Y: Oui, ça fait six années consécutives qu'on est championnes et on est championnes de la dernière BeNe League, c'était le championnat entre les Pays-Bas et la Belgique. Et donc on a gagné ça, c'était une expérience superbe. Et voilà, ici, cette saison j'ai voulu tenter ma chance ailleurs et découvrir un peu un autre championnat et le championnat français est super réputé.

CDF: Comment s'est fait la rencontre avec l'Olympique de Marseille ?

S.Y: Je connaissais « Bret », Sandrine Bretigny, par Janice Cayman une autre belge qui jouait à Juvisy et quand j'ai vu que l'OM montait en Ligue 1[sic], je me suis dit : « Allez, je vais contacter Bret », et ça s'est fait un peu comme ça, je suis venu faire un test, et là le contact est bien passé. Je pense que le test s'est bien passé, je crois... et voilà c'est comme ça que ça s'est fait.

CDF: Alors, vous avez pas encore découvert la compétition, puisqu'on est encore de la préparation. Quelles différences vous sentez entre votre propre expérience en Belgique et la manière dont ça peut jouer en France ?

S.Y: Pour le moment, c'est un peu compliqué de m'avancer là-dessus parce que ça fait qu'un mois que je suis-là, et ici c'est que des matches amicaux mais je sens déjà que c'est beaucoup plus athlétique. C'est très athlétique et c'est très bon, je sens qu'en un mois j'ai évolué assez bien physiquement. Après au niveau tactique, il y a aussi quelques différences et également je sens qu'en un mois j'ai déjà appris énormément du point de vue tactique. Ce qui est super aussi. Après allez dire concrètement ce qui est différent ou pas, ça je crois qu'il faut un peu plus de temps et d'expérience dans le championnat français.

CDF: Vous jouez au milieu de terrain, et donc notamment vos deux coéquipières au milieu de terrain c'est Caroline Pizzala et Nora Coton-Pelagie, qui ont énormément d'automatismes. Comment vous vous intégrez là-dedans ? Je suppose que ça doit être plus facile...

S.Y: En fait, c'est simple de jouer avec elles. C'est de super bonnes joueuses, elles communiquent bien et comme elles ont déjà des automatismes, c'est pas compliqué de s'ajouter à ça parce qu'elles l'ont déjà et elles parlent beaucoup, elles communiquent beaucoup et voilà, ça ça va mettre du temps j'ai pas encore acquis autant d'automatismes qu'elles deux. Si je continue à jouer au milieu avec elles, ça va être aussi un bel apprentissage parce qu'elles ont énormément d'expérience et ça se sent.

CDF: Au milieu de terrain, on voit d'ailleurs qu'il y a tout une logique dans la manière de jouer, de presser très haut, énormément de courses vers l'avant pour gêner l'adversaire, aller chercher le ballon, est-ce que c'est un registre dans lequel vous aviez l'habitude de jouer ?

S.Y: Non, ça c'est quelque chose que j'essaye d'adapter, parce que c'est le système de jeu d'ici. Mais c'est vrai qu'en Belgique, j'ai pas été habitué à jouer exactement comme ça. Nous on jouait avec un 10, plutôt que deux 10. Donc oui, je pressais haut, mais il y avait toujours deux joueuses derrière, c'était le triangle avec une pointe vers le haut plutôt que pointe vers le bas [Au milieu de terrain, Sara Yuceil et Nora Coton-Pelagie évoluent devant Caroline Pizzala, même si l'organisation peut évoluer en cours de match]. Et donc déjà ça, ça change mais voilà ça, c'est une adaptation et je suis très heureuse de pouvoir apprendre quelque chose de nouveau et d'ajouter à mon jeu et à mon expérience.

CDF: Alors même si c'est vous qui avez contacté l'OM, on voit qu'il y a quelques joueuses belges maintenant qui partent à l'étranger. Vous avez cité Janice Cayman, il y a Tessa Wullaert aussi qui est à Wolfsburg. La Belgique est pas très loin de se qualifier pour le prochain Euro 2017. Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une progression du football belge dont votre arrivée à Marseille ferait partie ?

S.Y: Oui je crois qu'on est toutes... toutes les joueuses sélectionnées, vraiment le grand groupe de l'équipe nationale pas simplement les 18 qui jouent les matches mais une trentaine de joueuses, même plus, qui sont impliquées là-dedans depuis deux ans. On est dans une vague, on a envie d'y arriver en équipe mais chacune individuellement veut se pousser jusqu'à pouvoir y arriver, marquer l'histoire belge parce que ce serait marquer l'histoire si on se qualifie, ce sera la première fois.

Et je crois que oui, on est toutes un peu dans cette vague-là d'évolution et on veut chercher plus loin. Et c'est ça je crois venir à Marseille, de ce que j'ai vu pour le moment avec les joueuses, le staff et tout ce qui se passe, c'est parfait pour moi. L'équipe est superbe, et je pense que j'ai vraiment de bonnes chances d'évoluer bien ici.

Dounia MESLI