Fondateur d'Umalis Group, premier acteur du portage salarial coté sur Euronext, Christian Person lance ORONI, un agent d'intelligence artificielle français qui exécute des missions complètes à partir d'une simple consigne. Sur un marché dominé par les acteurs américains et chinois, sa promesse tranche : un contrôle humain à chaque étape et un prix plafonné, garanti avant que la mission ne commence.

Coeursdefoot.fr : ORONI, en une phrase ?

Christian Person : Un agent d'exécution supervisé. Vous décrivez ce que vous voulez en langage naturel ; ORONI établit un plan, l'exécute, vous soumet le résultat pour validation, puis livre un travail sourcé. On ne parle plus à une IA pour obtenir une réponse : on lui confie une mission.

Des agents autonomes, il en existe déjà. Manus, notamment, a fait beaucoup de bruit. Pourquoi un de plus ?

C. P. : Parce que le marché a réglé la question de la capacité, pas celle de la confiance. Aujourd'hui, quand vous lancez un agent, vous ne savez ni ce qu'il va faire exactement, ni ce que cela va vous coûter. Les acteurs en place donnent une estimation indicative. Nous, nous remettons un devis avant la mission, avec un plafond dur et contractuel. Si la mission coûte plus cher que prévu, c'est notre problème, pas celui du client. C'est une différence de philosophie : la méthode est transparente, le prix est garanti.

Concrètement, comment se déroule une mission ?

C. P. : Le moteur repose sur trois fonctions. Un planificateur découpe la demande en étapes. Un exécutant travaille dans un environnement isolé et peut mobiliser des sous-agents spécialisés. Un vérificateur contrôle le résultat avant qu'il ne vous soit présenté. Et à chaque étape clé, il y a l'humain : rien ne part sans validation. Nous avons pensé l'outil comme on pense une délégation en entreprise. On confie, on contrôle, on signe.

Vous insistez beaucoup sur le contrôle humain. Argument commercial ou conviction ?

C. P. : Les deux, et ce n'est pas contradictoire. Je dirige depuis 2008 une entreprise dont le métier est d'encadrer juridiquement le travail de professionnels autonomes. Le portage salarial, c'est exactement cela : laisser l'autonomie au consultant tout en sécurisant le cadre. ORONI applique le même principe à l'IA. Nous avons mis en place une gouvernance à quatre niveaux de validation humaine, et chaque action est consignée dans un registre horodaté et infalsifiable. Pour une entreprise, c'est la condition pour confier de vraies tâches à une machine.

Pourquoi un entrepreneur du portage salarial se lance-t-il dans l'IA ?

C. P. : Parce que j'y suis depuis longtemps, en coulisses. Nous avons construit en interne une infrastructure de plusieurs dizaines d'agents pour faire tourner nos propres opérations. ORONI est né de cette expérience : nous avons été nos premiers clients, avec nos propres contraintes de coûts, de conformité et de fiabilité. Et il y a une cohérence de fond. Le travail indépendant et l'IA agentique posent la même question : comment déléguer sans perdre le contrôle.

Qui visez-vous : le grand public, les entreprises ?

C. P. : D'abord les professionnels : consultants, indépendants, dirigeants de PME, équipes qui produisent des livrables. Et nous avons une verticale naturelle, le portage salarial. Nous lançons un pack Consultant qui prend en charge le devis, le compte rendu d'activité et la facture. Ce sont des tâches à faible valeur ajoutée que des centaines de milliers d'indépendants font encore à la main chaque mois. C'est là que l'IA doit apporter un gain immédiat et mesurable.

Quel est le modèle économique ?

C. P. : Simple et lisible. Un abonnement d'entrée de gamme autour de 15 euros par mois, avec des crédits permanents : ce que vous n'avez pas consommé ne disparaît pas à la fin du mois. Puis un devis plafonné avant chaque mission. Le client sait toujours, avant de lancer, ce qu'il paiera au maximum. Le pack Consultant vient en complément pour ceux qui veulent automatiser l'administratif de leurs missions.

Et la suite ?

C. P. : Ouvrir ORONI. Un marché de plugins au format ouvert, pour que chacun branche ses outils et ses sources. Et, à terme, une version qui se connecte au poste de travail de l'utilisateur pour agir directement sur ses dossiers. L'ambition est claire : faire d'ORONI la référence européenne de l'agent d'exécution de confiance.

Dagbovi Desiré