Deux jours après son dernier match de poules de Coupe du monde victorieux contre le Nigeria (2-1), l'équipe de France a posé ses valises au Havre, en attendant de connaître son adversaire en 1/8e de finale. Elles ont notamment pu s'entraîner devant leurs supporters au Stade de la Cavée Verte du Havre. Viviane Asseyi, auteure d'un match très intéressant contre les Nigériannes, Viviane Asseyi est originaire de la région normande. Elle a commencé sa carrière au FC Rouen QRM en Division 2. Les journalistes présents au Stade Océane ont donc interrogé la joueuse sur ce retour aux sources, et surtout sur le très probable 1/8e de finale contre le Brésil qui attend la France.
 
 
Journaliste (L'équipe) : Bonjour Viviane ! Vous êtes la "régionale de l'étape" ! Qu'est-ce que ça vous fait d'être de retour "à la maison" pour cette Coupe du monde ?
 
Ca fait vraiment plaisir ! Pour moi c'était un rêve de disputer une Coupe du monde ! Et encore plus en France ! Là je sais que je suis en Normandie, que je vais disputer un 1/8e de finale, c'est encore mieux !
 
 
Journaliste (L'équipe) : Quel regard portez-vous sur le match contre le Nigeria ? A titre collectif et individuel ?
 
Tout ce à quoi j'ai pensé, c'est : on a gagné. C'est ce qu'on voulait avant de débuter ce match. Même si on n'a pas tout fait parfaitement. Mais l'essentiel est là, on a remporté les trois points et surtout on a acquis la première place de notre groupe.
 
 
Journaliste (AFP) : Toujours par rapport au match contre le Nigeria, est-ce que vous trouvez que l'équipe de France avait, ou a une profondeur de banc suffisante pour gagner la Coupe du monde par rapport aux autres équipes ?
 
Je ne vais parler que de nous. Pour ce qui concerne les autres équipes, posez-leur la question. On est vingt-trois filles qui peuvent jouer. Tout le monde est déterminé, que ce soit sur le terrain ou sur le banc. On est vraiment ensemble. C'est ça qui fait que notre groupe est solide.
 
 
Journaliste (France Bleu Normandie) : Pour vous, Le Havre ça représente quoi dans votre carrière ? Pour la joueuse du FC Rouen QRM que vous avez été ?
 
L'équipe de France était déjà allée au Havre en janvier pour affronter les Etats-Unis (victoire des Bleues 3-1 en match amical, ndlr). J'ai le souvenir que le stade était rempli pour ce match. La Normandie est vraiment à fond derrière l'équipe. Et Le Havre ça reste la Normandie. Donc ce sont "mes terres". Et je suis contente d'être là.
 
 
Journaliste (Europe 1) : Quel bilan tirez-vous du premier tour de l'équipe de France dans cette Coupe du monde ? Quel positif en retirez-vous pour la suite, et notamment les 1/8e de finale à venir ?
 
Comme je l'ai dit, on avait un objectif pour ce premier tour, c'était d'arriver à la première place. On a gagné nos trois matches. On est très contentes. Mais maintenant on ne pense plus au passé. Notre futur c'est le 1/8e de finale et on est vraiment concentrées là-dessus.
 
 
Journaliste (L'équipe) : Justement il y a de grandes chances que ce 1/8e de finale se joue contre le Brésil. Que vous inspire cette équipe du Brésil ? Quelles joueuses redoutez-vous ?
 
Dès qu'on me dit France-Brésil, je pense à la Coupe du monde masculine 1998 ! C'est cet événement qui m'a donné envie de jouer au foot ! Maintenant, vingt-et-un ans plus tard, qu'on me dise que c'est France - Brésil et que c'est moi qui vais jouer (sourire) ! Oui, ça peut être une belle affiche. Après on verra bien, car on dit "le Brésil" mais on n'est pas encore sûres que ce sera cette équipe qu'on va rencontrer. On reste concentrées sur nous, sur notre travail et on verra par la suite.
 
 
Journaliste (France Bleu Normandie) : Que pensez-vous des affluences en général dans cette Coupe du monde ? De l'emballement autour de cette compétition, dans les stades et ailleurs ?
 
Je pense que c'est bien parce que ça donne une bonne image pour le football féminin en général. Après je sais que la fédération française et beaucoup d'autres personnes ont fait beaucoup pour cette Coupe du monde. Et l'engouement qu'il y a, ça bonifie le travail que toutes ces personnes ont fait en amont. C'est bien pour tout le monde, pour nous parce que ça nous donne de la force !
 
 
Journaliste (L'équipe) : Tout à l'heure vous avez dit qu'il y avait 23 filles qui pouvaient jouer. Pourtant la sélectionneuse Corinne Diacre a répété qu'elle disposait de 13-14 titulaires. Comment acceptez-vous ces propos dans le groupe ? Ca veut dire qu'il y a 7 filles qui ne peuvent pas débuter un match ?
 
On est 23 ! On est un groupe ! Certes on sait que des joueuses vont davantage jouer que d'autres. Mais on est dans une compétition ! Qu'on soit titulaire ou remplaçante, on a toutes le même objectif. Peu importe le temps de jeu que les joueuses auront, on est déterminées, à fond les unes derrière les autres.
 
 
Journaliste (NRJ) : Vous parliez de l'engouement, et aussi du fait que vous regardiez les matches de football quand vous étiez petite. Est-ce que vous avez conscience d'avoir déjà changé quelque chose pour les jeunes footballeuses d'aujourd'hui qui peuvent être fières de pratiquer le football ?
 
Là on est en plein dans la compétition donc on ne s'en rend pas forcément compte. On est dans notre bulle. Mais on sait forcément que grâce à nos résultats, ça va donner envie aux petites filles de faire du football. Et ça c'est que du bonheur ! Parce nous aussi on était à leur place. On voulait ressembler à tel ou tel joueur. Et se dire que c'est nous maintenant qui donnons la force aux petites de devenir footballeuses, c'est un plaisir !
 
 
Journaliste (L'équipe) : Viviane, vous allez avoir quelques heures libres cet après-midi. Est-ce que ça va être l'occasion de voir vos proches qui sont près d'ici ?
 
Oui ! Ca va nous faire du bien ! On a besoin de cette force pour cette compétition. On va prendre le temps de profiter de nos proches, tout en ayant le 1/8e de finale en tête.
 
 
Journaliste (AFP) : Que vous a dit votre maman après le match contre le Nigeria ?
 
Elle était contente ! Je pense ça s'est vu (rires) ! Elle est vraiment à fond derrière l'équipe. Elle nous soutient toutes, et comme elle l'a dit, "c'est la mère de toute l'équipe" (rires) !
 
 
Journaliste (AFP) : Est-ce que France-Brésil, c'est un match pour "Vivinho" ?
 
(rires) Non ! France - Brésil c'est un match pour l'équipe de France féminine et le peuple français. Voilà (sourire) ! Mais "Vivinho" sera contente quand même dimanche soir !
 
 
Journaliste (L'équipe) : On sait qu'il y a un préparateur mental qui travaille au sein de l'équipe de France. Qu'est-ce que ça vous apporte ? Est-ce que vous avez personnellement fait la démarche d'aller vers lui ? Et pour le groupe, qu'est-ce que ça apporte ?
 
Pour moi c'est très important que le groupe aille bien mentalement. Ca nous aide, ça nous réunit encore plus. Pour aller au bout dans cette compétition, il faudra rester solidaires. Et grâce à des moments comme ça, ça ne fait que nous fortifier.
 
 
Journaliste : J'ai une question concernant Corinne Diacre et le message qu'elle vous donne après ces trois matches de poules et ce 1/8e de finale ? Est-ce que c'est "concentration", "ne pas stresser" ?
 
La coach nous transmet tout simplement sa rigueur, sa jovialité. Vous l'avez vous-même vue au quotidien. Elle nous apporte tout le bien qu'elle a.
Arnaud Le Quéré