A la veille du choc face au Canada, Corinne Diacre a donné ses impressions en conférence de presse. Une rencontre qui sera bien au-dessus de celle face au Nigéria, vendredi dernier et qui aura pour objectif d'être un vrai test pour l'équipe de France face à une nation qui reste l'une des équipes les plus difficiles à jouer pour les Bleues.

 

Infosport - Un résultat fort contre le Nigeria mais la manière qui a manqué selon vous. Qu'est-ce que vous attendez de plus pour ce match contre le Canada ?

Vous savez je suis très exigeante donc effectivement la première période j'ai trouvé qu'on avait manqué de justesse technique et de mobilité. Sur des matches internationaux, même contre un adversaire un petit peu plus à notre portée. Je pense qu'on aurait pu faire mieux sur en tous cas les 30 premières minutes parce qu'on a très bien fini la première période. Alors effectivement on est en phase de construction, on est en phase de préparation donc c'est normal que je leur demande de l'exigence et c'est normal de ne pas être satisfaite de ces 30 premières minutes. Par contre ce qui est intéresant pour moi, c'est qu'elles ont très très bien rectifié le tir en deuxième période, en respectant vraiment les consignes et surtout en mettant beaucoup plus d'applications techniques comme elles sont capables de le faire et surtout de mettre du rythme et de retrouver ce jeu collectif qui nous va bien et qui nous fait marquer des buts.

 

Ouest-France - L'osmose en équipe de France

Les joueuses sont à l'écoute et travailleuses et elles questionnent quand elles ont des interrogations donc ça nous permet vraiment d'avancer et d'aller chercher les moindres détails et de les rectifier tout simplement pour aller chercher l'excellence et le haut niveau tout simplement. Donc franchement j'ai un groupe qui est très agréable à travailler et il faut qu'on continue dans ce sens là.

 

Coeurs de Foot - On sait que face au Canada il va falloir être plus accrocheuses. Est-ce que c'est ça le maître mot dans ce match ?
Pas accrocheuses, j'ai envie de dire qu'il faut que l'équipe de France s'impose à partir du coup d'envoi tout simplement, faut qu'on arrive à imposer notre jeu plus rapidement et surtout mettre nos forces en place, c'est à dire la qualité technique, la mobilité et à partir de ce moment là je ne vais pas dire qu'on peut être infaillibles mais on a...après l'adversaire, ça sera à lui de répondre à nos points forts donc voilà j'espère qu'on va les mettre en difficulté plus rapidement que ce qu'on a fait contre le Nigeria vendredi.

 

Infosport - A un an de la Coupe du Monde, comment vous situez l'équipe de France par rapport aux autres grosses écuries qui vont disputer ce tournoi ?
Vous savez on est en période de préparation, c'est prématuré de donner un classement, en plus un classement qu'est-ce que ça représente ? Du moins pour moi, pas grand chose. Le seul classement qui comptera, ça sera celui de la Coupe du Monde.

 

Ouest France - Maintenir le niveau d'exigence peu importe l'adversaire même si ça reste des matches amicaux ?

J'essaye de leur mettre la pression justement [à ce sujet]. Si on a pas la pression d'un match officiel de compétition, on a la pression d'un match de préparation international. A partir de là on se doit de mettre toutes les chances de notre côté, toutes les qualités de notre côté, toute l'exigence du haut niveau qu'un match international génére. Et vous pouvez leur demander, la pression je la leur mets.

 

Ouest France - Elles savent aussi que leur place à la Coupe du Monde se joue maintenant ?

Oui pour certaine, après vous savez j'ai un noyau dur quand même. Celles qui sont appelées depuis quelque temps, y'a pas de grande inquiétude. Maintenant elles le savent et c'est pas cette pression là qu'il faut leur mettre, c'est d'être les meilleures, la meilleure déjà à son poste et la meilleure équipe.

 

Coeurs de Foot - L'expérience des joueuses du "noyau dur" dans l'équipe de France pour se diriger vers cette Coupe du Monde

Il faut de tout. Il faut un amalgame entre l'expérience, entre la jeunesse, entre les joueuses expérimentées et celles qui ont un petit peu plus de fougue, un petit peu moins d'expérience, qui ont justement un petit peu moins de recul et qui ont cette spontanéité que génère la jeunesse tout simplement. Donc il faut un ensemble de choses pour arriver à atteindre l'objectif, l'objectif suprême. Donc voilà il faut un amalgame, entre l'expérience, la jeunesse, l'ancienneté et la fougue.

 

Infosport - Un adversaire solide, c'est ce genre de match qu'il faut pour l'équipe de France ?

Non il faut de tout. Le tirage au sort de la Coupe du Monde n'est pas encore tombé aujourd'hui donc on peut tomber sur une équipe africaine. L'idée aujourd'hui c'est de jouer tous les [styles de] football. C'est ce qu'on essaye de faire avec la Fédération, c'est pas toujours facile de trouver des adversaires que l'on souhaite mais dans la mesure du possible, on essaye de jouer une équipe par continent et en alternance. Voilà pour être confrontés à ce qu'on pourra jouer à la Coupe du Monde.

 

Ouest France - L'importance du public pour pousser l'équipe de France

Oui c'est toujours important (sourire) d'avoir on va dire cette douzième femme présente dans la tribune. C'est vrai que le public breton est particulier, y'a une chaleur, alors qu'on a pas forcément par rapport à la météo (sourire) mais y'a cette chaleur qui est présente dans le public et qui est toujours bien appréciable, en tous cas je pense que les joueuses y sont très sensibles.

 

FFF - Corinne tu as croisé trois fois la route du Canada en tant que joueuse. Que t'évoque cette équipe ?

C'est pas un bon souvenir. Le dernier que j'en ai en date, ce sont les Jeux Olympiques donc très très mauvais, très mauvais. Je suis revancharde, très sincèrement même si c'est un match de préparation, j'espère qu'on aura à coeur, même s'il n'y aura pas de médaille de main effectivement, mais on se doit aujourd'hui de battre cette équipe. Moi j'ai vraiment une dent contre cette équipe, mais j'avais surtout une dent contre la nôtre parce qu'on avait tous les moyens à notre disposition et c'est nous qui avons plus perdu que le Canada avait gagné ce match là. Mais voilà il ne faut pas se tromper d'objectif, quand je dis revancharde, c'est toujours cet esprit de compétition qui doit nous animer et cette envie de gagner.

 

FFF - Son portrait du Canada

Une équipe expérimentée. Une équipe qui a l'habitude de jouer ensemble. Alors nous on parle de nos joueuses expérimentées mais je crois qu'elles c'est encore pire et vraiment le symbole du Canada c'est Sinclair. A elle toute seule je crois, elle résume parfaitement le jeu canadien, cette longévité, cette expérience. Voilà, même si cette équipe vient de changer en cours d'entraîneur (janvier 2018) on ne sait pas trop sur quel pied danser, nous en tous cas par rapport à nos observations mais malgré tout le fond du jeu reste le même.

Dounia MESLI